Anne-Sophie et Robert GARITO : Une complicité père-fille née au fil des kilomètres 

 

Mon histoire, c’est avant tout celle d’une enfant qui grandit dans l’univers de la course à pied, au rythme des entraînements de son père. Il s’entraîne plus de fois dans une semaine qu’il n’y a de jours, il dort, mange et vit course à pied. Pour moi, il a toujours été un extraterrestre. Comment peut-on aimer s’infliger autant de souffrance volontairement ?

Les années passent et le Covid arrive. Au départ je cours principalement pour perdre du poids et retrouver un rythme de vie sain, sans cigarette ni alcool festif. Mais surtout, je cours pour comprendre ce que mon père vient chercher sur chaque course. Je veux me rapprocher de lui et partager sa passion.

 

Tout nous opposait, mais la course nous a réunis.”

 

Alors je m’y mets vraiment. J’allonge les distances et diminue mon temps. A chaque étape, le regard de mon père me porte. Il est fier. Petit à petit, la course à pied devient notre langage commun. Lui, discret dans ses émotions, méticuleux et moi, expressive, un peu clown et souvent dispersée. Une complicité incroyable naît. Il a les connaissances et moi j’ai la profonde envie de toujours le rendre fier.

Au fil des kilomètres qu’on parcourt ensemble, je commence à comprendre ce qu’il vient chercher : le dépassement de soi. Pousser son corps dans ses retranchements, jusqu’à devenir fière de soi. Pour cela, je lui serai toujours reconnaissante.

 

En courant, je découvre son courage et sa force. En m’accompagnant, il comprend ma sensibilité.

 

Et puis, en 2025, je décide de franchir un cap. Je souhaite devenir marathonienne. Lui qui a toujours cru en moi, me suit une nouvelle fois dans cette aventure. Pendant quatre mois de préparation, il m’accompagne sur chaque sortie longue. En courant, je découvre son courage et sa force et en m’accompagnant, il apprend à comprendre ma sensibilité.
Cette passion commune nous a même conduits à créer notre propre club de running : FRTXVIII. Un club, gratuit, accessible pour tous les niveaux et où chacun peut progresser à son rythme dans un esprit de partage et de bienveillance.

Pour ce premier marathon, notre objectif était de passer sous la barre des 4 heures. Il a pédalé à mes côtés durant les 42 kilomètres, pensant pour deux. J’ai posé mon cerveau et couru, il a fait tout le reste. Nous avons franchi la ligne d’arrivée en 3h58, objectif atteint ! Quelle émotion ça a été. Je suis rentrée dans la famille des marathoniens !

Cette année, nous allons revivre l’expérience du Seine-Marathon 76, avec l’objectif de passer sous la barre des 3h45 et de représenter fièrement les couleurs du FRTXVIII. Mais cette fois-ci, nous prendrons tous les deux le départ dans des sas différents. Je devrai gérer ma course seule mais je sais qu’il m’attendra à l’arrivée.

Pour moi, ce marathon est bien plus qu’une course. C’est l’histoire d’un lien père-fille qui s’est construit au fil des kilomètres et qui continue de grandir à chaque foulée. Tout nous opposait mais la course nous a réunis.