Noham Vottier, Courir pour se sentir mieux
Durant toute mon enfance et mon adolescence, la course à pied était mon pire ennemi. À l’école, je faisais tout pour l’esquiver. Le cross du collège ? Un véritable cauchemar que je redoutais plusieurs semaines à l’avance. J’étais le copain gros et rigolo, celui qu’on sélectionnait en dernier au foot et qu’on surnommait “couscous”.
“J’ai couru 3 kilomètres. Pour le garçon qui ne pouvait pas aligner 400 mètres au collège sans s’étouffer, c’était un exploit. »
Il y a encore un an, mon quotidien se résumait à des journées entières assis à me réfugier dans une malbouffe à laquelle j’étais devenu addict. Je détestais mon corps plus que tout. Chaque année, je devais acheter de nouveaux jeans avec une taille supplémentaire à chaque fois. Mes vêtements rétrécissaient et les chiffres de ma balance s’envolaient sans que je ne fasse rien. Cette sédentarité m’a amené à peser 96 kg. Ce jour-là, j’ai dit stop.
J’ai repris le contrôle de mon assiette, sans coach ni régime. J’ai passé des heures à étudier la nutrition pour comprendre comment fonctionnait mon corps. Puis j’ai enfilé une vieille paire de baskets et je me suis lancé. Ce jour-là, j’ai couru 3 km. Pour le garçon qui ne pouvait pas aligner 400 mètres au collège sans s’étouffer, c’était un exploit. En rentrant ce soir-là, j’avais les jambes lourdes et le souffle court, mais pour la première fois depuis des années, j’étais profondément fier de moi. Alors j’ai continué, sans rien lâcher. J’ai échoué puis recommencé, et j’ai compris que les échecs ne définissaient pas tout mon parcours. C’est normal de craquer au début, mais avec de la volonté, de la régularité et une vision à long terme, on peut y arriver.
Aujourd’hui, j’ai perdu 26 kilos. Je m’entraîne 6 jours par semaine et ai bouclé, en avril, mon premier semi-marathon en 1 h 54. Désormais, je ne me cache plus : mon corps a gardé des traces qui sont devenues mes médailles.
Au-delà du chrono, le Seine-Marathon 76 représente tout le chemin parcouru et plus encore : c’est chez moi. Cette course que je vois passer chaque année depuis le trottoir, cette année, je serai sur sa ligne de départ, porté par mes proches, comme une revanche sur ces kilos et cette vie passée.
« Aujourd’hui, si j’ai envie de partager mon parcours, c’est pour passer le relais et inspirer ceux qui vivent ce que je vivais. »
À toi qui lis ceci, qui te sens peut-être piégé dans un corps que tu n’aimes pas, qui penses que le sport n’est pas fait pour toi ou qu’il est trop tard, regarde d’où je viens. Si le gamin qui servait de cible au goal et qui fuyait les cross scolaires peut aujourd’hui prendre le départ d’un semi-marathon, tu peux toi aussi faire ce premier pas.





