Caroline Hauguel : Courir pour être plus forte que la maladie
Je m’appelle Caroline, j’ai 44 ans et depuis l’adolescence je suis atteinte d’une scoliose de la charnière thoraco-lombaire. En 2017, un nouveau diagnostic tombe : je suis également atteinte d’une neuropathie des petites fibres nerveuses (NPF). Une maladie chronique de la douleur encore peu et mal connue aujourd’hui, qui déclenche des douleurs chroniques dans tout le corps et qui touche le système nerveux autonome.
Si les symptômes varient d’un patient à un autre, ils se manifestent chez moi, par des brûlures dans le corps, des fourmillements, des décharges électriques, une hypotension orthostatique et le syndrome de tachycardie orthostatique posturale qui se caractérise par une chute de tension et une forte augmentation du rythme cardiaque lorsque je passe de la position assise à debout.
« Je me suis longtemps orientée vers des activités sportives douces, mais il me manquait quelque chose. La course à pied a comblé ce vide. »
Il n’y a pas de traitement pour guérir de la NPF, il faut apprendre à vivre avec, à réguler son système nerveux pour améliorer son quotidien. Aujourd’hui, cela fait 9 ans, et si les 2 premières années ont été très difficiles et handicapantes, j’ai progressivement réussi à stabiliser mes symptômes et diminuer les crises.
Les meilleurs médicaments pour faire face à cette maladie ?
Pour moi ça a été la sophrologie, des exercices de régulations du système nerveux et du sport : du yoga, du pilate, du fitness, de la marche, et récemment, la course à pied !
Cette dernière est venue combler un manque qui se faisait de plus en plus grand. Il me fallait du challenge, un moyen de montrer que j’étais capable, moi aussi, de me dépasser en sortant de ma zone de confort. Avec ma scoliose et la NPF, je n’avais jamais pensé pouvoir courir avant de voir ma sœur le faire. J’avais envie d’essayer à ses côtés, mais j’étais terrorisée à l’idée de voir mon cœur s’emballer sans pouvoir tenir plus de 5 minutes. L’idée fait finalement son chemin et je me lance. Je pars faire du fractionné : 5 minutes de course, 5 minutes de marche, etc. Ce sentiment de liberté, de bien-être et de fierté est indescriptible !
Depuis, je cours en moyenne 5 km, 2 à 3 fois par semaine et j’ai réussi mon premier 10 km en mai dernier ! C’était une première grande victoire pour moi !
Participer au 10 km de Rouen en septembre 2026 est une grande fierté ! Je ne vise pas de chrono pour le moment, je veux juste passer la ligne d’arrivée. Si on m’avait dit que je serai inscrite et capable de le faire, je ne l’aurais jamais cru !
« Non, la maladie et la douleur ne sont pas une fin en soi. Tout ne s’arrête pas avec un diagnostic, bien au contraire. »
En parlant de mon histoire et en présentant mon jeune parcours en course à pied, je souhaite montrer que la maladie et la douleur ne sont pas une fin en soi, tout ne s’arrête pas avec un diagnostic, bien au contraire, la maladie m’a aidée à me dépasser, à me prouver que je suis toujours autant capable d’avoir de nouveaux objectifs de vie et de débuter une activité sportive endurante et même à 43 ans !
Petit à petit, à son rythme, en écoutant les messages de son corps, en se préservant quand cela est nécessaire, il est possible de progresser dans une discipline qui nous fait du bien même avec une pathologie chronique de la douleur.
Grâce à la course à pied, je me sens libre, heureuse, fière et ce n’est jamais une contrainte pour moi d’enfiler mes baskets, bien au contraire, c’est devenu vital pour mon équilibre et mon bien-être !







